• TOURISME -SAHARA





    Préambule



    « Le tourisme de nature et l'écotourisme sont reconnus comme des formes particulièrement enrichissante et valorisante de tourisme dés lors qu'ils s'inscrivent dans le respect du patrimoine naturel, et des populations locales et répondant à la capacité d'accueil des sites».[1]



    Reprenons à notre compte ce principe du code mondial du tourisme, que nous faisons notre, je tiens à préciser que cette contribution s'inscrit dans le débat qui est actuellement ouvert au niveau de l'Office du Parc National du Tassili, autour de la problématique de mise en place du plan d'aménagement directeur du Parc, seul instrument à la fois juridique et scientifique de gestion, capable de répondre aux exigences actuelles, du développement durable, auxquelles sont confrontés autant les autorités locales, que les professionnels du patrimoine naturel et culturel.





    Présentation du Parc National du Tassili :



    Le Parc National du Tassili est situé au Sahara central à l'extrême sud – est algérien, à environ 2000 km des côtes méditerranéennes, et s'étend sur une superficie de plus de 80.000 km2.

    L'Office du Parc National du Tassili, organe de gestion du parc a été créé par décret présidentiel, signé le 7 juillet 1972, par feu Houari Boumediénne.

    En 1982, le Parc National du Tassili, a été classé patrimoine mondial de l'humanité, par l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO).

    En 1986, le Parc National du Tassili, est admis dans le réseau du MAB en qualité de réserve de l'homme et de la biosphère.

    Ce double classement, contrairement aux apparences, dénote de la fragilité et de la vulnérabilité des écosystèmes tassiliens, et l'irréversibilité des pertes que pourrait induire une utilisation et une exploitation anarchique des richesses culturelles et naturelles, d'où la nécessité absolue de mener une politique de préservation de ce patrimoine, qui soit inspirée à la fois de la réalité du terrain et des expériences menées dans les différents parcs à travers le monde.



    1 – Patrimoine culturel :



    Le Tassili représente en matière de patrimoine culturel, une référence à laquelle sont associées les plus anciennes traces de civilisations humaines remontant à plus de 2 millions d'années. Elles appartiennent à la civilisation des galets aménagés (pubble culture).

    Si nous pouvons penser que le milieu a imposé à ces premiers hommes, d'il y a plus de 2 millions d'années, des modes de vie et des formes d'organisation sociale très rudimentaire, adaptés à de faibles capacités techniques, par contre, tout au long de leur longue évolution avec la diversité des rapports au milieu, ces hommes sont arrivés à élaborer des systèmes de représentation de tous les éléments qui les entourent ; ils n'ont pas simplement agit sur leur environnement, ils l'ont interprété, et c'est à partir de leur système de représentation qu'ils ont orienté leur choix et agissent sur leur milieu. Le Sahara n'était pas seulement un milieu naturel, d'essence climatique, c'était, pour ces hommes, aussi et surtout, une réalité surnaturelle, une divinité, avec ses démons, ses génies, ses mythes et ses légendes.

    Le Sahara ne s'interprète pas simplement à partir de ses éléments visibles, mais aussi et surtout à travers ses faces cachées (l'art rupestre saharien est l'expression la plus éloquente de ce rapport entre le monde visible et le monde invisible).



    2 – Patrimoine naturel :



    Le Sahara est un désert de peuplement, duquel la vie n'est nullement absente, comme on pourrait le croire. C'est une aire où la vie se rétrécie et s'amenuise sous l'effet réducteur de la sécheresse. La vie dans ces déserts chauds, comme le Parc National du Tassili, est une lutte continuelle contre la dessiccation.

    La situation tropicale du Parc National du Tassili, le soumet encore à des températures élevées et à un vent fréquent qui indépendamment de l'action mécanique qu'il exerce sur les végétaux , accentue l'évaporation.

    Cependant, cet écosystème aride recèle une richesse naturelle des plus exceptionnelle. La flore actuelle est la résultante des variations climatiques qui ont eu pour conséquence la régression des souches méditerranéennes dont subsistent quelques espèces reliques à l'exemple du cyprès, du myrte et de la lavande.

    La végétation est concentrée au niveau des lits d'oueds. Cette végétation possède d'ingénieux mécanismes d'adaptation, qui lui permettent de faire face à la rareté de l'eau et à une extrême irrégularité du régime hydrique.

    Parmi ces espèces végétales, certaines raccourcissent leur cycle de développement et traversent la phase aride sous forme d'organes souterrains, d'autres présentent un ensemble de dispositifs morphologique et physiologique leur permettant de diminuer les pertes en eau par évaporation.

    Cette végétation s'offre à l'homme comme un décor rassurant au milieu du désert, et lui offre, aliment, arôme, condiment, fourrage pour son cheptel et matière première pour l'habitat et l'artisanat, sans oublier les vertus médicinales des espèces utilisées dans la pharmacopée traditionnelle et qui est devenue un axe important de recherche au niveau international.

    Le Tassili a connu, dans le passé, une richesse faunistique considérable, comme en témoigne l'art pariétal préhistorique, représentant la grande faune (girafe, éléphant, rhinocéros, ...), semblable à celle qu'on rencontre actuellement dans les savanes africaines.

    Dans le nouveau biotope, des animaux vivent en harmonie avec la végétation qui, fournit le fourrage pour les uns, et nourrit les proies des autres.

    On rencontre de nombreuses espèces telles que : la gazelle, le guépard, le mouflon à manchette, le fennec, le damam de rocher et beaucoup de reptiles comme le varan et le fouette queue.



    Introduction :



    Depuis plus d'un quart de siècle, l'activité touristique et l'industrie des voyages s'est affirmée en tant que secteur économique de premier plan dans le monde entier, pour sa capacité à stimuler les échanges à tous les niveaux, et à désenclaver les régions en retard de développement.



    En 1997 par exemple, les flux d'arrivées du tourisme international ont atteint un nouveau record de 613 millions. Pour la même année, les recettes des voyages internationaux (à l'exclusion du transport international ) sont estimées à 448 milliards de dollars, dépassant ainsi la valeur des exportations mondiales de pétrole estimée à 330 milliards de dollars.[2]



    Dans l'œuvre d'élaboration de la problématique de préservation du patrimoine tassilien, le tourisme est considéré comme un axe majeur et un support important.

    L'image du Tassili a été bâtie sur la base de clichés dont la genèse remonte au début de l'exploration coloniale. Ainsi l'argumentaire voyage, est pour l'essentiel construit autour des thèmes récurrents locaux. A force de vendre ces clichés, de manière routinière et dans des modes artisanaux, le tourisme au Tassili, se retrouve en pleine stagnation, nonobstant les problèmes objectifs et conjoncturels, auxquels fait face cette activité vitale et prometteuse.

    Le marché international du tourisme étant en constante mutation et développement, le tourisme tassilien est de moins en moins attractifs, et ne génère que peu de retombées économiques sur la région et ses populations



    L'autre faille dans le système consiste en l'inadaptation et/ou l'absence de lois en matière de gestion des retombées commerciales de l'image du Parc National du Tassili, au profit de l'Algérie, témoin le nombre croissant de sites WEB, sur le NET, ouverts à l'étranger, et utilisant l'IMAGE du Tassili. Nous avons dénombré 524 sites francophones au 31 décembre 2000.



    Dans la pratique, l'Algérie ne détient aucun droit ou copyright sur les images ou tout autres produits dérivés du Tassili ; cette situation prive l'office du Parc National du Tassili, en sa qualité d'instrument national de gestion du Parc, d'une source appréciable de revenus.



    Problématique :



    Le Parc National du Tassili N'Azdjer, présente un éventail de «produits attractifs » favorisants le développement du secteur touristique. A savoir :

    Ø Des écosystèmes tassilien spécifiques,

    Ø Des richesses culturelles traduisant les différentes cultures, pré et protohistoriques,

    Ø Une diversité biologique des plus remarquable,

    Ø Des paysages naturels : ergs, regs, falaises, plateaux, canyons, ...qui offrent divers circuit de détente et de découverte.



    Tout développement dans ce territoire, doit prendre en considération la rareté des ressources naturelles et la fragilité des équilibres éco - systémiques.

    Cela implique, une conduite des projets de développement, qui reposeraient sur l'utilisation rationnelle et durable des ressources naturelles du Parc, et qui mèneraient vers le développement d'un écotourisme protecteur du milieu, respectueux de l'environnement et source de développement socio – économique.

    En effet, le tourisme est un moteur :

    Ø de renouveau pour l'artisanat,

    Ø de relance des petits commerces et des produits des oasis,

    Ø d'encouragement de l'élevage camelin.

    De ce fait, il favorise le déploiement et la mise en place d'un système écotouristique cohérent, responsable et durable, dont les opérateurs doivent au préalable réaliser des études d'impact de leurs projets de développement touristiques, sur l'environnement et le milieu naturel, en prenant en considération les impératifs suivant :

    Ø L'adoption des modes de développement touristique permettant d'économiser les ressources en bois et en eau, surtout.

    Ø L'adoption des mesures favorisant l'utilisation de produits biodégradables.

    Ø L'adoption des méthodes de travail permettant la régularisation et la maîtrise des flux touristiques, pour éviter la surcharge sur les sites.

    Ø La sensibilisation des touristes aux problèmes de préservation et de mise en valeur du patrimoine culturel et naturel.



    La prise en considération de ces impératifs de développement dans l'activité touristique, permettra la sauvegarde des équilibres écologiques qui sous-tendent la pérennité du produit touristique Tassilien, et permettra la survie et le développement des différents modes d'activités traditionnelles et artisanales, dont les retombées matérielles seraient réinjectés dans les entreprises, de préservation engagées et d'encouragement à l'activité touristique envisagée.

    L'élaboration et la mise en œuvre d'une stratégie (concertée) de développement de l'activité touristique dans le Parc National du Tassili, est une nécessité fondamentale dans la perspective d'une gestion efficace, d'une activité qui devrait être respectueuse des milieux et préservatrice des patrimoines.

    En effet, la gestion classique de ce secteur au sein de ce territoire de plus de 80.000 km2, caractérisé par des conditions naturelles très particulières, des richesses culturelles avérées et connus de tous, a montré ses limites, et risque à terme de devenir un handicap entravant l'élaboration de réponse à la hauteur des nouveaux défis qui nous sont imposés par un déploiement tous azimuts d'une activité de plus en plus mondialisée et globalisée (l'écotourisme).

    Par ailleurs, il apparaît de plus en plus claire que la gestion du développement économique et social de cette région (légitime du reste), telle que menée actuellement, sera par le simple fait des expansions et des nuisances cumulées, en antagonisme aigu avec les principes de protection et de conservation et les projections de développement touristique voulues.

    Cela impose aux pouvoirs publics une démarche à la fois responsable et cohérente, fondée sur l'exigence de l'application de la loi et la nécessite de diagnostics scientifique et technique, soutenus et appuyés par une pédagogie de communication, d'information et de concertation entre l'ensemble des intervenants.

    La volonté affirmée des pouvoirs publics de valoriser et d'exploiter les potentialités touristiques de la région, doit éviter de produire sur le terrain les effets pervers auxquels nous sommes confrontés, dans l'exercice de notre métier.

    L'Office du Parc National du Tassili, s'inscrit dans la perspective d'un renforcement d'une philosophie public du patrimoine, axé essentiellement sur la mise en place et l'application des règles de droit, de conventions, de dispositifs et systèmes de négociations et de concertations, adaptés et ajustés à l'évolution des perceptions et pratiques sociales, des concepts juridiques et de certitudes scientifiques.

    Ainsi, le devoir et la responsabilité de l'Etat de préserver et de protéger les biens naturels et culturels, sera conjugué à l'impératif – admis par tous – d'harmonisation et d'intégration du développement quel qu'il soit, au milieu, parce que – et il est de notre devoir moral de le dire – si les tendances actuelles sont maintenues, elles risquent à la longue de remettre en cause le caractère et la spécificité même, ayant présidés au double classement du Tassili, en qualité, de patrimoine mondial de l'humanité (UNESCO 1982), et de réserve de l'homme et de la biosphère (MAB, 1986).

    Du fait même, de la nature et la qualité de nombreux projets mis en chantier selon des modalités et des configurations souvent inadaptées aux conditions particulières d'un Parc classé, et selon une approche standardisée et mécanique, découlent une démarche «prédatrice » de ressources, agressives contre l'environnement et paradoxalement, inefficace économiquement, révélant un manque flagrant de maîtrise technico – scientifique, induisant non seulement un dévouement des efforts des pouvoirs publics dans leurs finalités, mais surtout, la régression, et le gaspillage des ressources.

    Cette façon de faire ne manque pas, d'oblitérer les efforts déployés pour l'élaboration d'une politique de préservation et d'exploitation touristique d'un patrimoine mondial comme celui du Parc National du Tassili, habité par plus de 30.000 habitants, et la formulation d'une problématique réfléchit, et la mise en place des outils de gestion idoines, d'un développement économique et social, en totale harmonie avec ce site à la fois attractives et vulnérable, supportant très mal la surcharge.



    La préoccupation étant bien – entendu, la conciliation des impératifs de préservations et de conservation, avec les besoins réels du développement socio-économique et surtout touristique.



    Conclusion :



    Devant les exigences des sociétés de plus en plus ouvertes qui veullent s'exprimer et vivre en communauté et en harmonie, non en conflit avec leurs patrimoines et leurs environnement.



    Devant les exigences d'une mondialisation rampante entraînant la marchandisation des valeurs et des droits de propriété sur les biens et ressources.



    Devant les exigences d'analyse des aspects juridiques et réglementaires liés à l'exploitation de l'IMAGE du Tassili, et la protection des droits du Parc.



    Devant les exigences de la mise en place de conditions d'échanges et de concertation, en élevant le niveau de participation des populations à la vie du Parc National du Tassili, parce que les biens et ressources naturels et culturel doivent être intégrés à une configuration d'espace, c'est à dire

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